Manuel Lopez Blanco

« La création du réseau 2r3s, dont il faut saluer la pertinence, permet de créer les conditions d’un débat impartial et objectif, dans le but d’aider à une réflexion holistique, entre experts, chercheurs et praticiens, sur ces questions et problématiques, que les pays du Sahara-Sahel et de l’Afrique de l’Ouest autant que l’Europe, confrontent aujourd’hui. Le réseau doit permettre l’analyse des discours, stratégies et pratiques énoncés et mises en œuvre par les acteurs locaux et internationaux et identifier, le cas échéant, les insuffisances dans les analyses et le rôle des stratégies de pouvoir (« intérêts nationaux » et « cultures stratégiques »), au niveau géopolitique par les acteurs externes, qui entravent l’adoption d’une position internationale (y compris au sein de l’UE) et nationale cohérente et efficace, et celles de conquête de pouvoir au niveau interne qui peuvent mettre en danger la stabilité interne.

 

Ceci, notamment, dans le cadre du défi global du radicalisme djihadiste qui continue à s’alimenter des problèmes séculaires que les pays de la région subissent, (de)démocratisation, gouvernance, relations intercommunautaires, stabilité, justice social, développement, sécurité interne et externe, pression migratoire), dérivés certains des héritages de la décolonisation et des indépendances (Nation, State and Democracy Building).

 

Cette réflexion, qui doit viser autant les conséquences que ces défis ont pour la stabilité et la sécurité des régions et pays voisins ainsi que pour l’Europe, que les impacts que les politiques européennes et d’autres acteurs internationaux peuvent avoir sur les problématiques sahéliennes, doit aussi aider l’UE non seulement à définir une réelle stratégie (« ends, means, ways, conduct, horizon, political will ») mais à mettre en place les conditions de possibilité d’une conduite efficace de cette stratégie « réellement » compréhensive. Cette réflexion aura à gagner (en efficacité) en se recentrent, au niveau opérationnel et tactique, sur les questions pratiques de comment mener une action de stabilisation et de développement dans un environnement d’insécurité de moyenne ou haute intensité. Ceci restant le grand défi des politiques de stabilité et plus concrètement de la politique de développement en situation de fragilité ou dans le cadre des Etats faillis ».

 

Manuel Lopez Blanco est retraité, depuis 2013, du Service Européen d’Action Extérieur (SEAE- UE) où il occupait les fonctions de Directeur de l’Afrique Occidental et Centrale. Cette direction lui avait été confiée depuis la création du SEAE en 2011. Cette position s’inscrit dans la continuité de celle occupée dans la DG DEV de la Commission Européenne.

 

Les questions de Sécurité et Développement et la mise en place de la Stratégie de l’UE pour la Sécurité et le Développement au Sahel constituèrent le centre de son activité (dans les deux positions) depuis 2008. Ces travaux de conceptualisation, de préparation, de dialogue avec les acteurs locaux, de discussion au sein des institutions européennes (Groupe Afrique du Conseil, COPS), menés par une équipe sous sa direction (en étroite coopération avec le Coordinateur Européen pour le Contreterrorisme), eurent comme résultat l’adoption par le Conseil des Affaires Générales de l’UE, début 2011, de la Stratégie Sahel de l’UE.

 

Dans le cadre de sa mise en œuvre, Manuel Lopez Blanco occupa le poste de Coordinateur de la Stratégie, présidant la Task Force Sahel (réunissant les services de la Commission et du SEAE impliqués dans la mise en œuvre de la Stratégie) et menant en parallèle le dialogue diplomatique avec les pays partenaires de la région (notamment les « pays du champ », Algérie, Mali, Mauritanie, Niger).

 

Simultanément, dans cette position de Directeur Afrique Occidental et Centrale, Manuel Lopez Blanco eu à suivre les crises politiques, de gouvernance et sécuritaires, survenant dans ces régions (RCA, Côte d’Ivoire, Niger, Nigeria, Guinée Bissau, RDC, Chad, Mauritanie, Mali, Guinée) résultant de l’instabilité politique et des processus de démocratisation et de-démocratisation en cours dans ces deux régions.

 

Il s’engagea, à côté de la DG TRADE, dans la négociation des Accords de Partenariat Economique (APE) avec les Organisations Régionales représentatives des deux régions sous sa compétence. Troisième volet de son mandat la formulation et suivi stratégique des stratégies de coopération de l’UE vis-à-vis des pays des deux régions sous son mandat (dans le cadre de la mise en œuvre du FED).

 

A partir de 1989, Manuel Lopez Blanco travailla, au sein de la Commission Européenne, dans le domaine des relations extérieures, notamment dans le cadre des relations UE avec les pays ACP, occupant des postes différents : desk officer, membre de Cabinet du Commissaire en charge des relations avec les ACP, chef d’Unité pour la politique commerciale de l’UE vis-à-vis des pays ACP, chef de division pour l’Afrique Occidentale.

 

Entre 1998 et 2002, Monsieur Blanco a occupé le poste de Chef de Délégation-Ambassadeur de la Commission Européenne auprès du Mexique (et Cuba, non-résident), où il participa à la négociation de l’Accord de Libre Echange avec le Mexique. Ensuite, avant de revenir en 2006 à Bruxelles comme Chef de Division Afrique Occidentale, il a été Chef de Délégation-Ambassadeur de la CE au Sénégal (Gambie et Cap Vert, non-résident).

 

Les questions de stabilité, sécurité, gouvernance et développement en Afrique et notamment dans la zone Saharo-sahélienne et l’Afrique de l’Ouest, restent au cœur de son intérêt. Notamment, le devenir de la Stratégie Sahel de l’UE et les leçons à tirer de la mise en œuvre de cette Stratégie :

- Est-il possible pour l’UE de mettre réellement en œuvre une « approche compréhensive », utilisant tous les moyens apparemment disponible d’une façon intégrée ?

- Qu’est-ce que la mise en œuvre de la Stratégie Sahel nous apprend 6 années après son adoption par le Conseil ?

- Quelle incidence a eu l’action de l’UE et celles de ses Etats membres, agissant de concert ou dans le cadre de leur stratégies bilatérales, sur les problématiques sahélienne ?

- Quels ratés, quelles réussites ?